Maria Suzana Marc Amoretti:

Comment vous décrivez-vous?

Alain Lalaude:

Mon parcours est assez banal : école communale de Malaussanne jusqu’à 14 ans puis Lycée Beau Frêne à Pau jusqu’à 19 ans, études d’infirmier en psychiatrie diplômé en 1971, école de cadres à Bordeaux en 1975/76, enseignant au centre de formation d’infirmières de 1976 à 1980, cadre de santé de 1981 à 1988, cadre supérieur de santé de 1989 à 2006, puis retraite. Mes passions : la moto, restauration de voitures anciennes, bricolage en tout genre, montagne, photo et ….poésie

Maria Suzana Marc Amoretti:

Qu'est-ce que le Béarn représente pour vous?

Alain Lalaude:

D’abord c’est ma terre natale où depuis plusieurs générations mes ancêtres ont vu le soleil caresser les cimes enneigées de nos Pyrénées cette muraille d’à-pics qui nous rappellent que l’Espagne est juste derrière en direction du sud. Ici pas besoin de boussoles comme j’ai plaisir à dire à des amis qui habitent dans des régions plates comme la région parisienne, la Picardie… C’est un espace où il fait bon vivre par la clémence du climat, ni trop froid en hiver , ni trop chaud en été, souvent arrosé par les nuages venant de l’océan mas jamais trop longtemps. c’est bien pour cela qu’à la fin du 19ème siècle beaucoup d’anglais se sont installés à Pau et ont participé largement au développement de architectural et touristique de cette ville. C’est aussi une région où les traditions culinaires sont toujours vivantes avec en particulier les confits de canard, de porc, le foie gras, la garbure cette soupe de légumes dans laquelle un morceau de jambon à mijoté de longues heures pour lui donner un goût unique. Dans la maison paternelle que je restaure je compte bien cuisiner à nouveau au feu de bois dans l’antique cheminée pour retrouver les saveurs incomparables d’une omelette aux lardons, de boudin et de cèpes grillés, le parfum d’un ragoût de haricots ou d’une daube au vin blanc…. le Béarn c’est aussi le sens du dialogue et de la répartie. Il faut dire que notre langue se prête beaucoup à ce jeu à moins que ce soit l’inverse.

Maria Suzana Marc Amoretti:

Quel est le sentiment d'être Béarnais aujourd'hui ? Peut-on être Béarnais loin du Béarn ?

Alain Lalaude:

Il m’est difficile de répondre puisque je n’ai jamais quitté le Béarn mais je pense qu’on le reste toute sa vie ou devenir Béarnais est-ce possible? il faut me semble -t-il être imprégné de cette langue et de cette culture depuis son berceau mais rien n’est impossible à celui qui le désire vraiment.

Maria Suzana Marc Amoretti:

Une autre approche serait les sensations du Béarn: la perception des couleurs,des goûts, des textures, des lumières, des odeurs... Quand on ferme les yeux, comment le Béarn se présente-t-il dans votre imagination ?

Alain Lalaude:

Au loin, la chaîne de Pyrénées se détachant sur un ciel bleu, des prés verdoyants sur lesquels paissent des vaches en faisant tinter leurs clochettes… Le chant soudain d’un perdreau qui s’élève d’un fourré, une biche qui surgit d’un bois, le cri des grues qui migrent vers le nord…. L’angélus qui sonne à la cloche annonçant l’heure d’un bon repas que l’on va partager avec ceux que l’on aime dans la cuisine familiale dont voici ce que j’ai dessiné.